Un projet unique consistant à piloter l’irrigation à l’aide d’un réseau sans fil

Hendrik van Dijk, de la société Jean Heybroek, commande la pompe au moyen de son téléphone.

Contrôler l’irrigation au moyen d’un réseau d’émetteurs et de capteurs, ou Low Range Wide Area Network (LoRa Wan). Pour autant que l’on sache, c’est dans le village zélandais et flamand de Waterlandkerkje qu’est mis en œuvre le premier projet d’irrigation aux Pays-Bas utilisant le réseau LoRa avec des modules sans fil, qui contrôlent les pompes d’irrigation et les électrovannes. Le système peut également assurer une fertigation, le cas échéant. Exit l’irrigation au doigt mouillé – les agriculteurs peuvent désormais piloter l’irrigation en fonction de données probantes. « Les applications numériques aident à utiliser efficacement notre eau. »

L’installation de la station principale dans le faîte du hangar agricole à Waterlandkerkje a marqué l’achèvement de ce projet d’irrigation unique. Au moyen de son téléphone, Jan Cox, du fournisseur flamand Spranco-Matic, active l’une des pompes au milieu d’un champ planté d’oignons d’hiver. Ceux-ci sont cultivés sur des billons de 2,25 mètres sur l’exploitation de grandes cultures de Dirk et Andreas Ryckaert, à Assenede (en Belgique). Un ruban goutte à goutte étendu au milieu des billons permet d’apporter l’eau de manière dosée, et de distribuer des engrais au moyen de cuves de fertigation.

Le projet est une collaboration entre l’exploitation flamande de grandes cultures et deux importateurs de Toro : Jean Heybroek aux Pays-Bas, et Spranco-Matic en Belgique. Spécialiste de l’irrigation, Hendrik van Dijk participe à la construction pour le compte de Jean Heybroek. Il montre l’antenne sur le hangar agricole. « Pour que la portée soit le plus élevée possible, il est préférable que l’antenne soit placée haut, pour minimiser les pertes », explique-t-il. « C’est depuis ce point que se fait la communication sans fil sur l’ensemble de la parcelle. Il commande trois pompes basse pression et une plus grande pompe pour l’enrouleur. Le point le plus éloigné se situe à 920 mètres à vol d’oiseau. »

« Une assurance sans fil contre la sécheresse »

La communication avec les pompes se fait via le système LoRa. La station de base est connectée au réseau Wi-Fi local, ou bien il s’agit d’une station de base contenant une carte SIM et disposant d’une connexion indépendante au réseau (2/3/4)G. Il est aussi possible d’établir une connexion par internet sur téléphone, ou éventuellement Bluetooth. « C’est uniquement au cas où l’agriculteur souhaite contrôler ou ajuster l’irrigation avec son téléphone. C’est un petit plus, disons. » Le moyen le plus simple consiste à lire les informations sur un ordinateur portable ou une tablette, pour lesquels un programme spécial a été développé pour le projet. « En principe, les conduites peuvent être commandées de manière entièrement automatique via la station de base. En cas de casse, par exemple, tout est très simple, alors que sans ce système, il est très difficile de localiser le problème dans les champs. Avec le système d’irrigation automatisé, grâce à la communication sans fil avec les vannes et les pompes, le lieu de la panne est vite trouvé. Il est possible de surveiller le débit sur le système au moyen d’un débitmètre. Le logiciel avertit l’utilisateur en cas d’écart au moyen de notifications push et/ou par e-mail. Le relais de pompe ou le boîtier de démarrage de pompe et les électrovannes sont contrôlés par la station principale. »

Le réseau sans fil permet de mieux réagir à la sécheresse. Les capteurs, quant à eux, ont la fonction inverse : ils surveillent et ils peuvent stopper l’irrigation lorsque l’humidité est élevée. « Vous économisez ainsi sur la facture d’eau et vous pouvez également garder une longueur d’avance sur vos concurrents en irriguant en fonction des données plutôt que de vos impressions. La sécheresse de ces dernières années a beaucoup sensibilisé les producteurs en grandes cultures aux problématiques d’irrigation. Ce système permet par ailleurs de travailler sur une plus longue distance. »

Van Dijk pense que son utilisation est particulièrement intéressante pour les cultures à haut rendement. « Ce système est également très intéressant sur les sols sableux, car ils s’assèchent beaucoup plus vite. Avec le projet à Waterlandskerkje, diverses cultures sont irriguées, par exemple les oignons, les céréales et les pommes de terre. Le système contrôle non seulement l’irrigation au goutte-à-goutte, mais aussi un enrouleur distant de sept à huit cents mètres, à la vanne principale duquel est fixé un module d’aimant CT » La construction du système a commencé en mars. Pour Jean Heybroek et Spranco Matic, le projet est important pour se préparer à l’avenir. « Je prévois que cette technique deviendra la norme sur le marché. Le système est moins sensible aux dysfonctionnements et l’agriculteur peut surveiller lui-même ce qui se passe. Il peut définir une fourchette d’humidité du sol et de niveau de précipitations et y associer une action. La combinaison de ce système et de l’irrigation au goutte-à-goutte s’inscrit parfaitement dans la tendance visant à utiliser l’eau de manière plus économique, tout en maximisant le rendement de nos cultures avec un minimum d’irrigation. »

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