L’émigration vers l’Australie, un parcours parfois semé d’embûches

Chez certains jeunes agriculteurs, l’Australie fait figure de terre promise. Cet immense pays offre en effet de belles perspectives économiques. Seulement, obtenir l’autorisation de s’installer en Australie n’est pas une gageure et l’acquisition d’une ferme laitière demande un solide assise financière. S’y ajoutent les spécificités climatiques du continent australien. Lait & Elevage s’est entretenu avec Piet Raedts, un fin connaisseur de la filière lait australienne.

L’Australie continue de susciter l’intérêt de certains jeunes agriculteurs européens. Y-a-t-il réellement un avenir pour ces agriculteurs et quels sont les principaux défis à relever pour y émigrer?

Piet Raedts: «S’il existe encore des possibilités, il devient de plus en plus difficile de démarrer si l’on ne possède pas un capital de départ. On peut bien sûr débuter modestement comme ouvrier ou pratiquer la traite partagée pendant quelques années. On accumule ainsi progressivement des fonds qui permettront l’acquisition d’une petite exploitation et d’investir dans un troupeau et des moyens de production. L’exploitant agrandit ensuite sa ferme ou achète une plus grosse exploitation.

En Australie, et certainement en Tasmanie, les nouvelles exploitations sont souvent de grande taille (600 à 1.000 têtes de bétail). Dans cette région, il ne faut ni étables, ni silos couloirs. Par contre, on doit acheter les terres sur lesquelles faire paître le bétail, aménager des réseaux de sentiers, investir dans les machines et aussi dans les infrastructures d’irrigation. Si votre troupeau est d’un millier de vaches et qu’on compte

«S’il existe encore des possibilités, il devient de plus en plus difficile de démarrer si l’on ne possède pas un capital de départ. On peut bien sûr débuter modestement comme ouvrier ou pratiquer la traite partagée pendant quelques années.»

3 vaches par hectare, il faut compter une superficie de 330 ha de surface à pâturer. S’y ajoutent les surfaces nécessaires pour les sentiers, pour la salle de traite, pour le stockage de l’eau et l’irrigation. On arrive alors à environ 375 ha. Infrastructures comprises, un hectare revient alors à 20.000 dollars australiens. Les 375 ha reviennent donc à la coquette somme de 7,5 millions de dollars australiens. Avant même d’avoir son cheptel, d’avoir construit la salle de traite, de disposer d’un petit parc-machines et de hangars, on atteint les 12 millions de dollars australiens. Supposons que pour acquitter ce montant, 20 % proviennent de fonds propres, soit 2,4 millions de dollars australiens (1,5 million d’euros), il vous reste une masse d’argent à emprunter. Mais plus vous commencez jeune, mieux c’est.

Les défis de l’émigration vers l’Australie? Cela peut être un déchirement de quitter son foyer, ses proches, son pays et de s’installer dans une contrée lointaine et inconnue. Dans la plupart des cas, ceux qui font le grand saut sont bien informés et préparés, mais il faut du temps pour s’acclimater aux mœurs, à la législation, s’accoutumer au climat. Il n’est pas simple d’acheter sa propre exploitation sans vices cachés lorsqu’on souhaite acheter directement. Travailler préalablement pendant un an ou deux dans une exploitation laitière est une expérience très instructive pour permettre d’évaluer les possibilités et les risques.»

Au 1er janvier 2020, l’Australie a instauré un ‘code de bonne conduite’ dans la filière lait. Ce code doit permettre aux éleveurs d’obtenir un prix équitable pour leur lait, tandis que les laiteries s’engagent à travailler de façon transparente. Mais qu’est-ce que ce code a effectivement changé pour les producteurs?

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Texte: Erna van Butzelaar

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