Dans les exploitations robotisées également, le management fait la différence

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Dans les exploitations laitières robotisées également, le management fait bel et bien la différence en matière de santé mammaire. C’est ce que montre une étude pratique de l’équipe M-teamUGent dans le cadre du projet MastiMan.

«Pour les mesures de management, il n’y a pas de panacée. La mammite subclinique est multifactorielle. Il suffit d’un paramètre pour faire la différence. Une meilleure santé mammaire doit reposer sur une combinaison de facteurs», souligne le chercheur Igor Van Den Brulle. «Une des clefs du succès, c’est la combinaison des mesures. Par ailleurs, il faut veiller à ce que les nouvelles infections ne tournent pas en infections chroniques. D’où l’importance d’un suivi rigoureux.»  

Du travail à accomplir

L’étude en question a porté sur 48 exploitations en traite robotisée (29 robots DeLaval et 19 robots Lely). En moyenne, ces exploitations détenaient une centaine de vaches et avaient 8 ans d’expérience en matière de robot de traite. Chacun des robots trayaient 56 vaches en moyenne. Quant au nombre de traites, il était relativement faible, de l’ordre de 2,65 passages quotidiens par vache. Le nombre de traites par robot et par jour était assez bas, environ 150. La production par robot et par jour, pour sa part, était de 1.742 litres, alors que la norme est plutôt de 2.000 litres. La durée moyenne entre l’entrée et la sortie du robot de traite est de 7 minutes.

Un fait remarquable est que les manchons trayeurs en caoutchouc ne sont en moyenne remplacés que tous les 25 jours. «En fait, les manchons trayeurs doivent être remplacés tous les 2.500 passages. 150 passages au robot de traite dans ce groupe d’exploitations, cela nécessiterait un remplacement des trayons tous les quinze jours. Il faut regretter que trop peu de producteurs laitiers n’ont pas encore intégré la nécessité de remplacer les manchons trayeurs à temps», ajoute Igor Van Den Brulle.

Un autre enseignement de cette recherche: la production quotidienne par vache s’élevait à 32,8 kg par vache et 27,6 kg par génisse. 60 % des 48 exploitations affichaient un taux cellulaire supérieur à 200.000. Pour les génisses, ce taux cellulaire s’élevait à plus de 150.000 dans la moitié des exploitations. Si l’on intègre les vaches, le taux cellulaire de près de 60 % des fermes dépassait 250.000. Bref, le taux cellulaire des exploitations robotisées analysées était mauvais.

L’analyse met également en lumière qu’il y avait 7 % de nouvelles infections dans les exploitations. Igor Van Den Brulle: «30 % de ces infections doivent guérir spontanément pendant la lactation, sans quoi le risque d’infections chroniques augmente et donc les possibles réformes.»

L’hygiène mammaire dans les exploitations étudiées s’est avérée préoccupante. 58 % des animaux obtenaient un score 3 (moyennement couverts de crasses et de fumier) ou 4 (couverts de crasses et de fumier). Par contre, l’état du bout du trayon était satisfaisant. Près de 90 % des vaches affichaient un score 1 (bout du trayon doux sans lésions) ou un score 2 (léger renflement sans callosités). En conclusion, tout ce qui précède montre que les exploitations robotisées ont encore à progresser en matière de de santé mammaire.

Lien entre le management et un taux cellulaire élevé

L’étude s’est également penchée sur la question de savoir si certaines mesures de management peuvent être reliées à un taux cellulaire plus élevé. Ici aussi, on peut tirer quelques enseignements pratiques. L’exploitant utilise-t-il un autre produit de désinfection du trayon (souvent moins cher) que la solution standard recommandée par le fabricant du robot ? Dans ce cas, le risque d’un taux cellulaire plus élevé est 2,3 fois plus élevé.











Si les poils du pis sont rasés ou brûlés moins de 4 fois par an, le risque de taux cellulaire plus élevé augmente de 2,5 fois. Si plus de 4 % des vaches ont des problèmes d’onglons, le risque de taux cellulaire plus élevé passe du simple au double. Si la durée de passage dans le robot ne se situe pas entre 7 et 7,5 minutes (la norme), le risque d’un taux cellulaire plus élevé est multiplié par 2,3.

La règle veut que les couloirs soient nettoyés au moins deux fois par jour. Dans le cas contraire, le risque de hausse du taux cellulaire est près de trois fois plus élevé. S’agissant du paramètre ‘nouvelles infections’, si un des critères n’est pas respecté, le danger de dépassement de la norme est réel. Un exemple concret: si l’éleveur fait des économies sur les produits de désinfection en choisissant un réglage plus faible, le risque de dépassement de nouvelles infections de 6 % (la norme) augmente d’un facteur 1,6.


Texte: Franky De Letter | Photo: Twan Wiermans

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