Maïsiculture: Limagrain met les points sur les i

D’une manière générale, les agricultures jugent la culture du maïs comme simple. Pourtant, depuis quelques années, on voit que pas mal de choses ne tournent plus rond. Chacun connaît le spectacle d’un maïs dépourvu d’épis ou qui ne parvient pas à dépasser un mètre de haut. Lorsqu’on se penche sur les causes de ces échecs, on voit que c’est non seulement la technique culturale qui peut s’avérer défaillante, mais aussi le changement climatique et une législation de plus en plus contraignante. C’est ainsi qu’une association herbe-maïs permet de fertiliser davantage, mais est-ce pour autant le bon choix du point de vue de la technique culturale? Quid des coûts bénéfices? Et comment procéder après l’ère du Mesurol? 

Nous examinons comment gérer au mieux la culture du maïs et pointant les accents principaux et ce, en compagnie de Thomas Truyen de la société semencière Limagrain.

Les conditions culturales se modifient

On s’aperçoit que les hivers ont tendance à devenir plus humides tandis que les étés sont incontestablement plus secs. S’y ajoute que les périodes de sécheresse deviennent non seulement plus longues, mais nettement plus intenses. Lors de la dernière campagne du maïs, il a fait humide jusqu’à la mi-mars, après quoi les travaux culturaux ont pu débuter. A partir du 5 mai cependant, une sécheresse de très longue durée a commencé à sévir. La pratique a montré que ceux qui avaient semé entre le 15 avril et le 5 mai, étaient encore dans le bon créneau. Des semis plus tardifs, après le 5 mai, souvent après une première coupe d’herbe lourde, se sont révélés très décevants. On sait que l’herbe consomme beaucoup d’eau: une coupe de 3 à 4 tonnes de matière sèche pompe jusqu’à 120 litres d’eau par mètre carré. Autrement dit, celui qui n’a pas pu faucher l’herbe avant la fin avril a vu sa culture du maïs lourdement hypothéquée. En effet, la couche de terre supérieure très desséchée a eu pour effet un semis du maïs qui est resté pratiquement sans croissance pendant près d’un mois. Deux facteurs sont intervenus: d’une part, la sécheresse du sol lors du semis, d’autre part, l’absence de pluie après le semis, ce qui a retardé encore la croissance de 3 à 4 semaines. L’effet à long terme a été une floraison tardive, à la mi-été, alors que c’est précisément une période critique où la plante a besoin de beaucoup d’eau. Bref, c’était un cercle vicieux. Il faut donc se poser sérieusement la question de savoir si le maïs en tant que culture qui succède à l’herbe est encore une option pour ceux qui sèment tardivement et/ou qui n’irriguent pas. Thomas Truyen fait observer qu’au cours des 10 dernières années, ce scénario s’est soldé par un échec à 7 reprises. Les agriculteurs qui sèment de l’herbe comme précédent du maïs devraient faucher à la fin avril pour que le maïs soit en terre début mai. L’ensemble de ces éléments montrant bien que la maïsiculture doit être gérée de façon rigoureuse pour obtenir un résultat optimal. On ne doit donc pas uniquement se préoccuper du choix variétal, mais aussi de la technique culturale sous toutes ses facettes.

 

Orienter le choix variétal en fonction de la ration

Ces dernières années, le label LGAN était le synonyme de variétés ayant une valeur alimentaire de premier plan. Le choix variétal doit être fait en fonction de la composition de la ration. En effet, une ration riche ou moins riche en maïs demande une autre perception quant à la persistance de l’amidon et de la digestibilité cellulaire de la tige et des feuilles. Limagrain dispose de tous les outils permettant de recommander telle variété en fonction du type de ration. Les variétés peuvent être correctement évaluées à partir des lignes de calibration. Voilà des années que Limagrain utilise la technologie NIR sur ses ensileuses, ce qui permet de faire un screening complet de chaque variété. Cette approche a abouti à deux nouveaux labels dans la gamme LGAN: HDi (High Digestibility) et Starplus (beaucoup d’amidon). C’est ainsi que les éleveurs qui ont une part importante de maïs dans leur ration orienteront plutôt leur choix vers une variété HDi. Dans cette configuration, il y a suffisamment d’amidon persistant dans la panse, ce qui fait d’une variété de maïs avec plus d’amidon persistant (qui sera ensuite absorbé par l’intestin grêle) et des parois cellulaires plus digestibles une valeur ajoutée. On évite ainsi l’acidose et on apporte davantage d’équilibre dans la ration. Quant aux exploitations laitières et viandeuses qui recourent peu au maïs (moins de 30%), elles privilégieront les variétés Starplus car elles permettent de valoriser plus d’amidon persistant dans la panse. La liste des variétés HDi comprend LG 31.218, LG 31.224, LG31.237, LG 30.258, LG30.248, LG31.229 et Clementeen. Les variétés Starplus sont: Resolute, LG 31.205, LG 31.219, LG 31.238, LG 30.258 et Kinsley. Voyons maintenant certaines caractéristiques de quelques-unes de ces variétés.

 

Le segment HDi

LG 31.224 est une variété précoce (FAO 210) qui convient aux …

 

Lire la suite de cet article dans le no. de janvier-février 2021 de Lait&Elevage.

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Texte & photo: Lieven Van den Berghe

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