Milcobel entame sa lente convalescence

Ces derniers mois,  Milcobel a traversé pas mal de turbulences: limogeage du CEO Peter Koopman à la fin de l’année dernière, non reconduction du président et du vice-président il y a quelques mois. Sous la direction du nouveau directeur général Nils Van Dam, la coopérative s’est dotée d’un plan de restructuration.

Rétroactes: entre 2010 et 2015, Milcobel avait beaucoup investi dans ses différents sites de production, en prévision de la suppression des quotas. Or ces investissements ont grevé le prix du lait. Une première restructuration avait été mise en œuvre à partir du printemps 2013. Sous la direction du directeur général de l’époque, Peter Koopman, l’option choisie en 2018 avait été de rentabiliser davantage les investissements consentis, en comprimant les coûts de transformation. Pour y arriver, la politique suivie avait été la croissance des volumes de collecte. C’est ainsi que la coopérative avait accueilli des centaines de producteurs laitiers livrant à d’autres acheteurs. L’effet pervers de ce choix était de mettre encore un peu plus sous pression le prix du lait. Au cours des dernières années, les volumes collectés par Milcobel ont bondi de 1,2 milliard à 1,7 milliard d’euros. Et cette augmentation de volume a été essentiellement dirigée vers les produits en vrac, assez peu rémunérateurs.

La faiblesse du prix du lait payé au producteur a provoqué régulièrement des actions des membres-fournisseurs, notamment en septembre dernier lorsque des producteurs dénoncèrent le prix de 27 euros/100 litres payé par Milcobel, à comparer aux 30,5 euros/100 litres payés par LDA et la fourchette de 34 à 37 euros/100 litres de Friesland-Campina et Danone.

Décisions récentes

Le 23 octobre dernier, Milcobel a présenté ses décisions récentes dans sa lettre d’information adressée à ses membres-fournisseurs. En voici les lignes directrices: le nouveau CEO a comme mission expresse de tout mettre en œuvre pour redresser le prix du lait et rendre la coopérative à nouveau performante. Quant au plan ‘Compass’, il devrait permettre d’économiser 20 millions d’euros l’année prochaine et 50 millions d’ici 2025. Ce plan comprend également des économies sur les coûts de personnel et de management. Par ailleurs, le site de Schoten, structurellement déficitaire et obsolète, sera fermé.

D’autres mesures se rapportent aux conditions de livraison, en particulier l’ajustement des volumes réceptionnés aux capacités de transformation et l’atténuation de la croissance des volumes livrés. En outre, la croissance du capital des membres permettra d’augmenter les moyens propres et d’accélérer le désendettement.

Limiter la hausse des arrivages

«Le contrôle des volumes de lait et la synchronisation des arrivages cadrent dans le plan stratégique de Milcobel de devenir un groupe laitier orienté sur le client et le marché. C’est la seule option – en combinaison avec les réorganisations internes – permettant d’améliorer le prix du lait», observe Eddy Leloup directeur de la division Milk & Farms. Il poursuit en soulignant qu’il est intenable de continuer à augmenter les arrivages à un rythme de 4,8 % par an, soit le quadruple de la moyenne européenne. L’objectif de Milcobel est de limiter à 2 % par an la croissance des volumes.

Ceci dit, comment atteindre cet objectif étant donné que les membres-fournisseurs continuent d’augmenter leur production? Pour Eddy Leloup, il n’est pas question d’imposer une limitation de la production aux membres-fournisseurs. «Nous appliquerons une forme indirecte de contrôle du volume de lait, à savoir que celui qui veut croître peut le faire à condition d’apporter immédiatement du capital à raison de 7,5 euros/100 litres supplémentaires. De plus, les primes de quantité existantes seront rabotées de moitié. Les primes seront davantage ciblées sur la durabilité et le lait à l’herbe.»

Augmenter le capital des membres

En comparaison avec coopératives en Belgique et à l’étranger, l’apport en capital chez Milcobel est faible, à savoir 5 euros/100 litres. L’objectif est de porter cet apport de capital de 5 euros/100 litres actuellement à 7,5 euros/100 litres et ce sur une période de 7 ans, de 2021 à 2027. Les volumes qui entrent en compte pour ce calcul sont basés sur la moyenne des livraisons du membre au cours des 9 dernières années. Pour les volumes supplémentaires, on l’a vu, Milcobel prévoit un apport immédiat de 7,5 euros/100 litres.

Un webinar réservé aux membres le 30 octobre

Les membres-fournisseurs de Milcobel pourront en apprendre davantage sur ces plans lors des réunions des cercles-membres cette semaine et au cours d’un webinar réservé aux membres, le 30 octobre à 13 h 30.

Source: Melkveebedrijf, le 27 octobre 2020

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