Croiser une, deux, trois ou quatre races?

L’ergonomie et l’atténuation des défauts intrinsèques de la Holstein, voilà les deux principaux arguments qui plaident en faveur du croisement entre races laitières. Pour autant, la pratique du croisement devrait rester assez marginale, du moins à court terme. (Parution dans le magazine Lait&Elevage de juillet-août 2021)

Croisement structurel avec une race

Lorsque dans une population de base Holstein, les animaux sont inséminés avec de la semence d’une seule autre race, on parle de croisement d’absorption. La race choisie évincera progressivement la race initiale au fil des générations. A la fin du processus d’absorption, la race absorbante finira par dominer. Cependant, le défaut de ce type de croisement est qu’il n’utilise pas l’effet d’hétérosis et qu’à l’arrivée, les caractéristiques de la race utilisée pour le croisement supplanteront entièrement celles de la race absorbée. Un exemple typique de ce processus d’absorption est celui de la race Bretonne Pie Noire (ainsi que d’autres races locales) qui a été en grande partie supplantée par la Holstein dans les années 70 suite à des croisements d’absorption. La généralisation de ces croisements structurels représente donc un risque d’appauvrissement génétique.

 

Croisement rotationnel

En lieu et place du croisement d’absorption, on peut pratiquer le croisement rotationnel, lequel consiste à alterner les races de taureaux utilisés en accouplement. Lorsqu’on utilise deux races, il est question de croisement à deux voies. Mais on n’obtient pas un effet d’hétérosis à 100 %. Pour que le croisement rotationnel soit efficace, il faut être très vigilant quant à l’accouplement du F1. L’expérience montre en effet qu’on obtient davantage de variation dans le troupeau lorsqu’on ne compense pas les défauts du F1 dans le choix du taureau du F2.

 

Croisement de trois ou quatre races

Les choses se compliquent un peu plus si l’on opte pour le croisement à trois voies, voire le croisement à quatre voies. Le croisement à trois voies, qui fait appel à trois races différentes, consiste d’abord à accoupler la population de base A avec la race B et ensuite le F1 (A*B) avec la race C. Dans un croisement à trois voies, le F2 est à son tour croisé avec la race A. Dans un croisement à quatre voies, le F2 est croisé avec la race D, avant de revenir à la race de base, la race A. Le croisement à trois voies est considéré comme la meilleure façon d’exploiter au mieux l’effet d’hétérosis (deux fois 100 %). Théoriquement, le croisement à quatre voies permet d’obtenir trois fois l’effet d’hétérosis, mais il se révèle très compliqué à mettre en pratique sur le terrain.

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