Journée Grand Angle Lait 2022 : guerre en Ukraine, reprise des fermes et veaux laitiers

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Début avril 2022, le Collège des Producteurs a participé à la 9iem édition de la Journée Grande Angle Lait, organisée par l’IDELE (Institut de l’élevage français). Ci-dessous, un résumé des points intéressants abordés lors de cette journée.

Impact du conflit en Ukraine

Constats

  • Flambée des matières premières : la hausse des matières premières a débuté il y a plus d’un an. L’augmentation du prix des intrants est de +13,3% en 12 mois (indice IPAMPA). Cette hausse affecte les engrais, les aliments achetés, l’énergie, les ouvrages (flambée des métaux) et même le petit matériel.
  • La hausse du prix du gaz affecte en particulier le coût des engrais, des veaux de boucherie, et au niveau des industries laitières du séchage.
  • La disponibilité en blé, maïs et tournesol est fortement réduite (-20 à 50% selon l’analyse de l’OCDE) et affecte particulièrement des pays qui n’ont pas de matières premières comme l’Egypte, le Soudan, le Sénégal. Un pays comme l’Algérie va exporter de l’énergie pour payer des céréales.
  • Déroulement de la transition écologique sera mis à mal car elle nécessite une coopération au niveau mondial et la confiance est rompue probablement pour de nombreuses années.

Impacts sur les marchés laitiers

  • Le prix du lait progresse mais pas suffisamment par rapport à la hausse des charges et n’a pas d’effet très stimulant sur la reprise de la production.
  • Situation de pénurie des marchés, fort recul de la fabrication de produits laitiers faute de production.
  • La situation de production début 2022 :
    • Océanie : fort recul de la collecte
    • USA : en recul -5 % sur les 2 derniers mois
    • UE : en retrait
    • Argentine : en situation positive
  • La guerre n’affecte pas vraiment le marché des produits laitiers européens sauf pour quelques producteurs de fromages et d’ingrédients laitiers.

Impacts sur les coûts de production des exploitations laitières (en France)

Deux hypothèses ont été prises en compte :

  • Hypothèse basse (HB) : retour rapide à une situation d’avant-guerre
  • Hypothèse haute (HH) : niveau très élevé des prix durant toute l’année 2022

En HB, on a calculé une augmentation des coûts de production (aliments achetés, engrais et énergie) de +15 €/1000 litres et en HH de +61 €/1000 litres de lait.

L’analyse à bien sûr certaines limites : ajustements des volumes produits, ajustement entre prix et coût et glissements entre production animales et végétales, choix des pratiques, contrats débouchés, …

Impacts sur le coût de l’alimentation pour le consommateur

En France, l’inflation reste faible par rapport aux pays voisins et il y a un vrai problème de répercussion des coûts de production dans la filière jusqu’au consommateur. Il faut augmenter le prix de l’alimentation pour permettre la production et assurer la sécurité alimentaire.

Impacts sur l’alimentation des vaches laitières

La hausse des prix des concentrés avait déjà commencé avant le début de la guerre. Même si on n’a pas une vision sur le long terme, l’éleveur a plusieurs leviers, notamment favoriser le pâturage et les co-produits de l’industrie et réfléchir à renforcer la production de protéines (voir projet CAP Protéines). Il est aussi important de soigner sa trésorerie.

En savoir plus avec les notes de conjoncture de l’IDELE













Renouvellement des actifs

Même constat qu’en Belgique en ce qui concerne le vieillissement des chefs d’exploitation (50% de plus de 50 ans et 28% de plus de 55 ans). Par contre, on observe une progression des installations tardives (>40 ans). Il y a aussi beaucoup de reconversions, des agriculteurs qui arrêtent le lait mais continuent l’agriculture.

  • Stagnation/diminution de la production
  • Diminution du cheptel laitier (-1 million de vaches laitières et allaitantes entre 2021 et 2031)

Une étude auprès des jeunes lycéens a montré que les jeunes ne connaissent pas le métier d’éleveur et donc n’y pensent même pas dans leur recherche d’orientation professionnelle.

Dans les lycées agricoles, les élèves citent de gros freins à leur engagement dans ces filières : rémunération insuffisante, manque de temps libre, perspective d’emploi (investissements, salarié ?).

Les NIMA (non issues du milieu agricole) ont des profils très variés. Leur installation correspond à un projet de vie, une quête de sens. Leur installation est plus tardive, avec des compétences différentes et parfois un capital à investir. Ils rencontrent cependant de nombreux freins : manque de compétences techniques, milieu agricole opaque, difficultés à trouver la ferme qui convient, difficultés du secteur véhiculées par les médias, réticence du cédant. Il y a en fait une très forte inadéquation entre l’offre de fermes et la demande de ce public.

Il va également falloir développer de nouvelles compétences au niveau des éleveurs, notamment dans la gestion des ressources humaines et gestion de main d’œuvre étrangère.

Le CNIEL a entrepris plusieurs actions en faveur du renouvellement des générations non seulement pour la partie élevage mais pour toute la filière.

En savoir plus sur les différentes études et les outils

Le devenir des veaux laitiers dans différents pays

Les filières lait et viande se sont engagées en commun avec l’objectif d’améliorer l’adéquation entre la disponibilité et la demande. Une étude très complète a été menée pour définir les enjeux et les défis de la filière, qui est très tendue, et les possibilités de valorisation des veaux laitiers (benchmarking). En conclusion, trois points d’attention sont ressortis :

  • Utilisation d’herbe dans production de bœufs et de bouvillons
  • Croissement avec viande
  • Pas d’équation parfaite mais l’analyse de la variété des solutions développées dans différents pays peut -être intéressante

Lire l’étude complète : Valorisation des veaux laitiers : comparaison dans 10 pays – (Dossier Economie n°523 – Octobre 2021)


Source – Filagri.be

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