L’EMB exhorte les Etats membres et la Commission à approuver les instruments de crise

Les parlementaires européens ont adopté en octobre dernier une position sur la réforme de l’organisation commune des marchés (OCM) au sein de la PAC. Aux yeux de l’EMB (European Milk Board), elle comporte de bonnes propositions qui permettraient de rendre l’agriculture en général, et le secteur laitier en particulier, plus résistants aux crises.

Cette position comprend, entre autres, un programme de réduction volontaire des volumes en période de crise grave du marché. «Au cas où s’annonce une forte baisse des prix dans l’UE, celle-ci prévoit de proposer aux producteurs et productrices de réduire, sur une période définie, leur production de quelques pourcents par rapport à la même période de l’année précédente. Les producteurs qui acceptent cette offre reçoivent alors une indemnité pour chaque litre de lait non produit», entame l’EMB.

Les crises de 2009, 2012, et 2015 à 2017 montrent à quel point ces instruments sont nécessaires. «Ce n’est que lors de la troisième crise, lorsque le prix moyen dans l’UE est tombé à 25,7 centimes/kg, que l’UE a permis, après de longues hésitations, une réduction volontaire des volumes. Dès l’activation dudit programme, les prix ont rapidement commencé à se rétablir. En quelques mois à peine, ils sont passés de moins de 30 à 33,4 centimes/kg (janvier 2017).On constate ainsi, pour le secteur laitier, que la réduction volontaire des volumes fonctionne.»

En attente de la confirmation de la réduction des volumes

Et l’EMB de poursuivre: «À ce jour, toutefois, ni le Conseil, ni la Commission n’ont repris cet instrument dans leurs positions. Il est désormais essentiel que les Etats membres qui hésitent encore et la Commission européenne comprennent la nécessité et l’intérêt de cet outil et qu’ils ouvrent la voie, lors des négociations actuelles en trilogue, à l’inscription de cet instrument dans l’organisation commune des marchés.»

«L’efficacité de cet instrument n’est plus à démontrer. En effet, en 2016 – 2017, lorsque la possibilité d’une réduction volontaire des volumes fut déclarée, les agriculteurs européens intéressés purent travailler de manière coordonnée avec leurs collègues, en échange d’une indemnité pour le lait non produit, pour que tous puissent rapidement sortir de la crise.»

Ce dispositif offre l’avantage d’éviter la production d’excédents de lait qu’il aurait ensuite fallu transformer en poudre de lait. Or on sait que les stocks de poudre exercent une pression très forte sur le prix.

«Nous pouvons éviter tout cela si une réduction volontaire des volumes est activée dans toute l’UE en période de crise. En effet, on agit alors directement au niveau de la production de lait cru, c’est-à-dire là où la surproduction a lieu. Cet instrument interrompt la chaîne problématique de surproduction et y met immédiatement fin, tout en soulageant ceux qui sont véritablement touchés par la crise», conclut l’EMB.

Source: EMB, le 14 décembre 2020

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